La lame quitte lentement sa gaine de cuir. Jezzan décolle un genou du sol, sans pour autant se redresser pleinement. Il doute de sa faculté à garder son calme. Son coeur bat à toute allure. Il pense que le gardien qui marche vers lui se doute de quelque chose. Mais non. La clé tourne avec un grincement. La porte s'ouvre. Succès.
Jezzan se voit enfoncer l'arme dans la gorge du jeune gardien. Juste paiement. Le guardien gueule, le gardien cogne, le gardien renverse sa bouffe et il mérite de mourir. Jezzan se convainc de la justesse de son acte. Il sait que sa vie vaut plus que celle de ce jeune butor. Pourriture. Mais il n'arrive pas à être en colère. Il se demande pourquoi il n'arrive pas à agir de suite, pourquoi la colère ne le gagne-t-elle pas et pourquoi ce calme, cette confiance en lui. Il va devenir consciemment ce qu'il a toujours nié. "Un bandit, mais pas un tueur..." Foutaises. Sa mère en avait peur, sa fiancée le lui reprochait... Sa violence.
Ironie. Jezzan n'est pas violent. C'est là toute l'horreur. Peut être que ça lui arrivait, oui, ça lui arrivait, mais jamais la colère ne l'avait possédé. Seulement la curiosité. Et la haine de soi.
Jezzan redresse le poignet, s'élance. Deux yeux le fixent, écarquillés d'horreur. La lame quitte lentement la gaine de chair. Du sang jaillit sur le visage du jeune gardien. Jezzan ne rejoindra pas la bande de coupe-jarrets qui avait glissé le poignard entre les barreaux de la cellule. Jezzan ne reverra pas sa mère, bien qu'il s'en estime maintenant digne. Jezzan s'effondre, et se satisfait d'avoir frustré tout le monde. Jezzan n'a tué personne. Jezzan n'est pas son père. Jezzan ne mourra pas pendu.
Jezzan se voit enfoncer l'arme dans la gorge du jeune gardien. Juste paiement. Le guardien gueule, le gardien cogne, le gardien renverse sa bouffe et il mérite de mourir. Jezzan se convainc de la justesse de son acte. Il sait que sa vie vaut plus que celle de ce jeune butor. Pourriture. Mais il n'arrive pas à être en colère. Il se demande pourquoi il n'arrive pas à agir de suite, pourquoi la colère ne le gagne-t-elle pas et pourquoi ce calme, cette confiance en lui. Il va devenir consciemment ce qu'il a toujours nié. "Un bandit, mais pas un tueur..." Foutaises. Sa mère en avait peur, sa fiancée le lui reprochait... Sa violence.
Ironie. Jezzan n'est pas violent. C'est là toute l'horreur. Peut être que ça lui arrivait, oui, ça lui arrivait, mais jamais la colère ne l'avait possédé. Seulement la curiosité. Et la haine de soi.
Jezzan redresse le poignet, s'élance. Deux yeux le fixent, écarquillés d'horreur. La lame quitte lentement la gaine de chair. Du sang jaillit sur le visage du jeune gardien. Jezzan ne rejoindra pas la bande de coupe-jarrets qui avait glissé le poignard entre les barreaux de la cellule. Jezzan ne reverra pas sa mère, bien qu'il s'en estime maintenant digne. Jezzan s'effondre, et se satisfait d'avoir frustré tout le monde. Jezzan n'a tué personne. Jezzan n'est pas son père. Jezzan ne mourra pas pendu.
