Soubresaut salvateur.

La lame quitte lentement sa gaine de cuir. Jezzan décolle un genou du sol, sans pour autant se redresser pleinement. Il doute de sa faculté à garder son calme. Son coeur bat à toute allure. Il pense que le gardien qui marche vers lui se doute de quelque chose. Mais non. La clé tourne avec un grincement. La porte s'ouvre. Succès.

Jezzan se voit enfoncer l'arme dans la gorge du jeune gardien. Juste paiement. Le guardien gueule, le gardien cogne, le gardien renverse sa bouffe et il mérite de mourir. Jezzan se convainc de la justesse de son acte. Il sait que sa vie vaut plus que celle de ce jeune butor. Pourriture. Mais il n'arrive pas à être en colère. Il se demande pourquoi il n'arrive pas à agir de suite, pourquoi la colère ne le gagne-t-elle pas et pourquoi ce calme, cette confiance en lui. Il va devenir consciemment ce qu'il a toujours nié. "Un bandit, mais pas un tueur..." Foutaises. Sa mère en avait peur, sa fiancée le lui reprochait... Sa violence.

Ironie. Jezzan n'est pas violent. C'est là toute l'horreur. Peut être que ça lui arrivait, oui, ça lui arrivait, mais jamais la colère ne l'avait possédé. Seulement la curiosité. Et la haine de soi.

Jezzan redresse le poignet, s'élance. Deux yeux le fixent, écarquillés d'horreur. La lame quitte lentement la gaine de chair. Du sang jaillit sur le visage du jeune gardien. Jezzan ne rejoindra pas la bande de coupe-jarrets qui avait glissé le poignard entre les barreaux de la cellule. Jezzan ne reverra pas sa mère, bien qu'il s'en estime maintenant digne. Jezzan s'effondre, et se satisfait d'avoir frustré tout le monde. Jezzan n'a tué personne. Jezzan n'est pas son père. Jezzan ne mourra pas pendu.

# Posté le jeudi 25 septembre 2008 17:40

London calling...

London calling...
TADAM! Ben ouais c'est Big Ben. Cool hein? Non, c'est pas moi qui ai pris la photo. Je prend pas de photos, les photos, c'est bon pour les touristes. Moi, je suis pas un touriste, puisque partout ou je vais, le monument historique c'est moi.
Soyons moins Bonnefoyesques (péteux), et disons "curiosité". La boutique de souvenir, c'est le buraliste indopakistanais dans mon esprit. Souvenirs de Londres: 5 canettes de Redbull, quelques pièces anglaises (les anglais passeront à l'Euro, ils le savent pas encore c'est tout). Faut dire un truc, les pakistanais ils sont trop cools. Puis ils te comprennent, ils t'expliquent lentement parce qu'ils savent ce que ça fait de parler anglais avec un accent étranger.
Bon au final on s'est bien cultivés, on a étudie Londres et sa faune locale, enfin celle des magasins de vêtements quoi. On s'est bourrés la gueule aussi. Franchement, tout de bien, à part l'overdose de McDo. Et les machines pour payer le bus. Et les anglais. Pas tous, mais quand on envahira l'angleterre on saura reconnaissant avec ceux qui ont été gentils avec nous, et surtout pas avec la vendeuse qui rigole pas à mes blagues. Le buraliste indopakistanais, on le faisait marrer lui! Faut dire qu'il comprenait le français.
Ah, notre belle langue... On aurait pris d'office le français pour l'europe, on aurait pas eu besoin de l'esperanto. Sur ce, je vous laisse, je dois terminer l'apologie de Napoléon.

# Posté le jeudi 13 mars 2008 04:09

Modifié le jeudi 13 mars 2008 04:19

Rencontre du troisième type

Un homme comme ça que tu croises dans la rue. Son visage m'est familier. Sur son visage la même question. J'amorce. Bonjour. Je lui sers la main. Il me demande si on se connaît. Je lui dit que c'est possible qu'on se soit vus quelquepart. On décline nos noms. Je lui dit que ça m'évoque rien de précis. Le mec dit que c'est pas grave, que ça fait toujours chaud au coeur de dire bonjour à quelqu'un. Je lui dit qu'en effet on croise trop souvent des gens sans même les regarder. Il doit forcément le comprendre puissance 10, lui qui est typé maghrébain et qui parle avec un bon accent. Alors il me serre dans ses bras et me dit que c'est vrai, qu'il est heureux de me connaître. Je me laisse faire, surpris mais ne le montrant aucunement, et je me demande s'il se fout de ma gueule. Puis je me dis que c'est une autre culture, et que je suis un occidental dans un monde ou le contact est peu fréquent, et que après tout, qui sait si c'est une bonne chose? Et là il me dit que ça fait plaisir, et que si j'ai le temps, il habite à côté, et que si je veux un café... ben il en a! Là tu te mets pas en danger, et je répond: désolé, je vais chez ma copine. (J'allais à la fac, mais ça fait plus sociable et plus homme de dire qu'on va chez sa chérie, sans compter que ça affirme l'hétérosexualité). Je lui dis donc qu'on se recroisera peut être un jour, et je m'en vais. Je savais pas à quel point j'avais raison.

Je sors du théâtre, et sans mentir deux chats passent devant moi, l'un blanc l'autre noir. Je crois pas aux signes je précise, mais l'anecdote m'a marqué. Et là j'entend dans un souffle au dessus de moi "hé...". Je lève la tête et je le vois. Je lui dis bonjour, et à peine deux trois banalités échangées il me propose de monter boire un café. Et là tu te dis mais j'ai fait le même coup dans la campagne de Vampire que je masterises à Adeline pour la terroriser! (Ce fût un succès, d'ailleurs). Je souris intérieurement, me dis pour me moquer de ma superstition "tiens, c'est aujourd'hui ta naissance vampirique, un homme seul de contrée lointaine va goûter ton sang..." ; et plus sérieusement "c'est super glauque, tu refuses". Puis non. Je donne ma chance à l'être humain. Je me dis qu'un homme accueillant et bienveillant n'est pas forcément malhonnête. Que je suis prêt à courrir le risque, pour suivre mes idées.

Alors je lui dit "va pour 5 minutes, je suis crevé". Ce qui est réellement le cas, je tombais de sommeil. Puis je monte dans cette sorte de studio. Je lui sers la main en faisant attention d'être bien viril comme il faut. Le mec tourne le verrou. Là je flippe. Je cherche des yeux une issue, une arme sans bouger. Je m'attend à tout, et l'idée de crever par naïveté en me faisant saigner par un presque inconnu me foutrais bien les boules. Bref je l'attend sans bouger, il mange mes phalanges au moindre geste étrange. Puis il me dit "merci, je sais que c'est pas facile de venir comme ça... vraiment t'es gentil. Il me propose du café, je lui dit que je sors du théâtre et que je suis vraiment crevé, que j'ai cours demain et que non, j'en prend pas, parce que je peux vraiment pas rester longtemps, il faut que je dorme. Il tilte un peu au mot théâtre, et je lui dit avec un sourire "t'es artiste,non?" Il acquiesce. Je l'avais envisagé au premier coup d'oeil, et je le lui dit. Il dit qu'il fait de la musique africaine. T'as un groupe? Il confirme. Puis il me dit de parler un peu moins fort. Les gens déjà, quand il avait ramené un copain, ils avaient eu des soupçons tout ça... Je lui dit "t'es homo hein?" Il me dit oui, mais le répète pas. Du déjà vu. Impression que je dois le paraître aussi. Alors je plaisante "les homos, dans l'art..." Il sourit et je dit "j'en connais pas mal dans le milieu". Je dit que je comprend, que ça doit être dur à vivre, surtout l'acceptation, sortout de là ou il vient. Il en profite pour me dire à quel point il aime la france, qu'on est tolérants tout ça, tout ça, que les français sont comme ça! (pouce levé) puis ça dérive sur histoires de culs homosexuelles et il est étonné de voir que je le comprend très bien (il sait que je suis hétéro, et je l'ai même bien confirmé). Il montre beaucoup de proximité physique, il me met mal à l'aise... mais rien de trop osé. (Il aurait pris un crochet, je me l'étais juré). Et là il me dit au revoir encore plus chaleureusement que la fois d'avant. Il me dit que pour lui c'est dire à quelqu'un qu'on le respecte, qu'on est amis. Je joue franc jeu et lui dit que moi je suis un français, et chez moi tant de proximité ça choque. Il comprend, et voit même ma véritable crainte je pense étant donné son sourire entendu.

Mais ça fait écho dans ma tête. 15 minutes plus tôt, une camarade me reprochait d'être souvent inexpressif. Elle me disait, ça t'arrive de dire à tes amis proches que tu les aime, de façon très expressive? Et là je vois tous mes actes, toutes mes paroles, posées neutres. Le sens... Le sens est dans les mots, dans les faits, pas dans la manière de les accomplir... C'est mon point de vue. Parfois. Tout est si étrange...

# Posté le mardi 05 février 2008 17:55

Un nouveau blog pour... pour rien




Si le diable ne l'a pas déjà, il essaie de s'emparer de mon âme. Des pulsions malsaines se succèdent, retenues par une volonté qui me laisse stoïque. Une volonté qui transforme le mal en un manque de sentiments, car pour ne pas sombrer dans mes envies, je brime tout ce qui à trait à l'affectif. Je me refuse à suivre une voie du bien ou une autre, car toutes me paraissent nécessaires.

Et je m'y perd. A aimer trop de choses, on en finit par se détester. Toujours la raison. L'objectivité. La froideur de mon âme contre les chairs chauffées à la limite du supportable. Savoir que rien n'y fait, que si solution il y a, elle n'est pas dans la violence. Violence qui ne demande qu'à sortir, qu'à tuer et à détruire. Rire à gorge déployée d'une douleur qui me vrille les poumons et le coeur. Violence canalisée dans un petit corps, bien trop faible. Je vais en imploser. Me fortifier, pour ne pas tomber dans ce qui me rend le plus vivant, ce qui me procure le plus de joie, la dépravation.

L'objectivité me fait voir à quel point la morale est idiote, mais qu'elle est faite pour éviter que l'homme ne se perde. Je suis perdu, sans illusions auxquelles me rattacher, perdu alors que moi, je n'ai pas de bandeau sur les yeux. Le diable ne me tente pas dans les ténèbres, mais à la clarté du raisonnement. La Bible a au moins raison sur un point: le véritable Mal, c'est la connaissance.

# Posté le jeudi 17 janvier 2008 11:26